Luttez-contre-le-cancer-du-sein-avec-Closer_closer_news_xlarge

Cancer du sein : symptômes et causes

Le nombre de cancer du sein a doublé en vingt ans !L’institut national de veille sanitaire (Invs) a publié en décembre 2004 des résultats inquiétants : le nombre de cas est passé de 21 200 cas en 1980 à 41 800 en 2000.

L’âge tardif de la première grossesse, les pilules microdosées en œstrogènes, le régime alimentaire riche en graisse et pauvre en fruits et légumes expliqueraient en partie l’augmentation du cancer le plus meurtrier.
Le cancer du sein est la tumeur qui provoque le plus de décès chez la femme et c’est la tumeur la plus fréquente quel que soit le sexe !


Qu’appelle-t-on chimiothérapie ?

Au sens propre, chimiothérapie signifie traitement par un produit chimique (par opposition à un agent physique comme la chaleur ou les rayons).
On parle ainsi parfois de chimiothérapie anti-infectieuse, antivirale, par exemple. Cependant, l’usage veut que le terme de chimiothérapie (ou de son abréviation consacrée « chimio ») se rapporte surtout aux chimiothérapies anticancéreuses, dites aussi chimiothérapies cytotoxiques (= entraînant la mort des cellules) ou antimitotiques (= qui empêchent le processus de division cellulaire ou mitose).


Les agents cytotoxiques agissent seulement sur les cellules en division. On sait que dans les tumeurs, toutes les cellules ne sont pas en cours de division : certaines sont dites « dans le cycle », d’autres sont en phase de repos, appelée phase de quiescence ou phase G0.
Toutes les cellules de la tumeur n’étant pas simultanément en cycle de division, le médicament anticancéreux doit être administré en plusieurs fois.

Dr Martine Lenoble, cancérologue.Dernière mise à jour le 3 juin 2001

Pourquoi parle-t-on toujours de rémission ?

Lorsque le cancer du sein est devenu décelable, il contient environ 1012 cellules. Lorsqu’une chimiothérapie efficace aura ramené ce nombre à 108 ou 109, la malade aura retrouvé toutes les apparences de la guérison, car la tumeur sera devenue indécelable : c’est ce qu’on appelle la rémission (ou réponse) complète.
Si on s’arrêtait là, les divisions des cellules restantes reprendraient et une rechute serait à prévoir. C’est la raison pour laquelle les traitements sont poursuivis au delà de la disparition apparente de la tumeur. Il s’agit, au cours de cette phase dite de consolidation ou d’entretien, d’éliminer encore davantage de cellules de la tumeur. Lorsque le nombre de cellules tumorales devient très faible (quelques centaines ou quelques milliers), on estime que c’est le système immunitaire qui se charge de les éliminer.

Dr Martine Lenoble, cancérologue.Dernière mise à jour le 3 juin 2001

 

Pourquoi donne-t-on de la chimiothérapie à des femmes dont le cancer a été entièrement retiré par le chirurgien ?

On sait que dans certains cas, bien que le chirurgien ait retiré toute la tumeur, le cancer du sein réapparaît au bout d’un certain temps, souvent sous la forme de localisations éloignées de la tumeur primitive, localisations appelées métastases. Ces métastases ont pour point de départ des cellules cancéreuses invisibles par les moyens habituels de diagnostic lors du bilan initial. La présence de ces cellules invisibles est restée longtemps une hypothèse, elle est maintenant une certitude : on a pu montrer dans la moelle osseuse, par des moyens plus sensibles que les examens habituels, que des cellules cancéreuses étaient présentes dans certains cas alors que l’on croyait la tumeur entièrement retirée.

Pour détruire ces cellules invisibles avant qu’elles n’aient pu proliférer, on a recours à une chimiothérapie dite adjuvante. Elle consiste à administrer dans les suites de l’intervention chirurgicale un traitement par voie générale pendant quelques mois. Il est démontré que ce traitement diminue très nettement la fréquence des métastases ultérieures. Pour éviter de faire subir inutilement la chimiothérapie et ses inconvénients à des femmes qui n’auraient pas rechuté, même sans ce traitement, les chercheurs s’efforcent de définir de plus en plus finement les facteurs de risque de métastases, par exemple d’après l’état des ganglions axillaires, mais aussi d’après des caractéristiques biologiques.
Certaines équipes administrent la chimiothérapie adjuvante avant l’intervention : elle s’appelle alors néo-adjuvante. Cette chronologie peut avoir un intérêt, par exemple, pour faire diminuer la tumeur avant l’intervention et permettre la conservation du sein, mais toutes les équipes ne s’accordent pas sur ce point.

Dr Martine Lenoble, cancérologue.Dernière mise à jour le 3 juin 2001

Pourquoi donne-t-on plusieurs médicaments à la fois dans une chimiothérapie ?

De même qu’un bon stratège dispose son attaque sur plusieurs fronts pour éviter de faire contourner ses troupes par les troupes ennemies, de même le chimiothérapeute a intérêt à attaquer la cellule cancéreuse sur plusieurs de ses points faibles simultanément, de façon à éviter que des cellules résistantes puissent se développer. L’association de plusieurs médicaments s’appelle polychimiothérapie. Les schémas d’association sont mis au point à la suite d’études au laboratoire et aussi d’essais thérapeutiques chez des malades. Ces essais thérapeutiques sont soumis à des règles très strictes. Ils doivent respecter les termes de la loi Huriet. De plus, ils doivent être soumis à l’approbation d’un comité de sages appelé comité d’éthique. Enfin, aucun essai thérapeutique ne peut être réalisé sans le consentement écrit de la personne, après information complète donnée par le médecin (consentement éclairé).Les schémas ainsi élaborés sont appelés parfois « protocoles » de traitement. Ils sont désignés par des sigles ou des acronymes correspondants aux médicaments qui les composent. Parmi les plus communément utilisés, on peut citer le CMF (cyclophosphamide, méthotrexate, fluoro-uracile) ou le FAC (fluoro-uracile, adriamycine, cyclophosphamide). Les doses utilisées, l’intervalle entre les cures (ou cycles) et les durées de traitement sont déterminées individuellement pour chaque patiente.

Dr Martine Lenoble, cancérologue.Dernière mise à jour le 3 juin 2001

Quelle est la voie d’administration ?

Le plus souvent, les chimiothérapies doivent être administrées par voie intraveineuse.
Lorsque des difficultés de perfusion apparaissent du fait de l’usure des veines par les produits, ou parfois dès le début du traitement, il est possible de mettre en place un dispositif de perfusion placé sous la peau, en dessous de la clavicule, et relié à une grosse veine du cœur (on l’appelle site implantable, ou tout simplement site, ou Port-a-Cath, ou PAC, ou cathéter veineux avec chambre de perfusion). La perfusion se fait alors très simplement directement à travers la peau, sans avoir à « chercher » la veine dans un avant-bras. Ces dispositifs ont aussi l’avantage d’éliminer le risque d’extravasation du produit de chimiothérapie (perfusion qui « passe à côté ») : ce sont des produits irritants qui peuvent créer des dégâts lorsqu’ils ne sont pas administrés dans une veine.

Dr Martine Lenoble, cancérologue.Dernière mise à jour le 3 juin 2001

Quels sont les conséquences néfastes de la chimiothérapie ?

Il y a des conséquences immédiates et des conséquences différées. Il est difficile d’en donner la liste complète, car chaque produit a ses caractéristiques propres, parfois ses contre-indications. Une information complète est donnée par le médecin avant le début du traitement. Les conséquences immédiates les plus fréquentes sont les troubles digestifs : les nausées et les vomissements sont cependant aujourd’hui prévenus de façon efficace, ou au moins fortement atténués, grâce à des médicaments dits antiémétiques.

Les conséquences différées de quelques semaines sont liées à l’effet des médicaments anticancéreux sur les cellules qui se divisent rapidement. Il en est ainsi de la racine des cheveux, ce qui explique la chute des cheveux (alopécie) qui survient dans les semaines qui suivent le traitement. L’alopécie n’est pas obligatoire, elle dépend des médicaments utilisés. Sur ordonnance médicale, la perruque est intégralement remboursée par la Sécurité sociale. La chute des cheveux peut être prévenue par l’utilisation d’un casque réfrigérant posé avant la perfusion et maintenu pendant toute sa durée : en refroidissant le cuir chevelu, il provoque la constriction des vaisseaux et empêche le médicament d’y circuler. La chute des cheveux est toujours réversible.

Les cellules du tube digestif sont aussi des cellules qui se divisent activement et sont sensibles à la chimiothérapie. C’est pourquoi il peut apparaître dans les suites du traitement des aphtes buccaux ou des problèmes de transit (diarrhée), c’est ce qu’on appelle la mucite.Les cellules qui, dans la moelle osseuse, fabriquent les éléments du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes) sont extrêmement sensibles à la chimiothérapie. Le manque de globules rouges (anémie) est une cause de pâleur, d’essoufflement et de fatigue. Il sera facile à corriger par une transfusion sanguine ou pourra être prévenu par des injections de l’hormone stimulante des globules rouges, l’érythropoïétine (ou Épo). Le manque de plaquettes est plus rare, il ne nécessite de transfusions de plaquettes que lorsqu’il est très profond. Il entraîne alors un risque de mauvaise coagulation du sang. En fait, les cellules qui souffrent le plus de la chimiothérapie sont les globules blancs, et surtout une catégorie particulière d’entre eux que l’on appelle les polynucléaires neutrophiles, ou tout simplement les neutrophiles. Ce sont des cellules indispensables à la défense contre l’infection. En établissant la posologie des médicaments, le médecin veillera à éviter que leur chute soit trop brutale, car elle est dangereuse et il n’existe pas de possibilité de la corriger par transfusion. La chute du nombre de neutrophiles dans le sang s’appelle neutropénie ou parfois aplasie. Lorsqu’elle est très profonde, le risque d’infection grave et rapidement évolutive (pouvant induire un état de choc) est suffisamment important pour que toute fièvre impose une hospitalisation en urgence (c’est ce qu’on appelle une neutropénie fébrile). Dans la plupart des cas, toutefois, la neutropénie reste modérée et n’entraîne aucune complication, elle se répare spontanément en quelques jours. Le médecin peut être amené, selon les cas, à prescrire des injections de médicaments stimulant la multiplication des globules blancs : ce sont les facteurs de croissance des neutrophiles.

Enfin, la chimiothérapie a des effets sur les cellules reproductrices et sur la fertilité : elle diminue la fabrication des spermatozoïdes et peut s’accompagner d’anomalies du cycle menstruel. Il faut rappeler à ce sujet que la chimiothérapie est formellement contre-indiquée chez la femme enceinte.

Dr Martine Lenoble, cancérologue.Dernière mise à jour le 3 juin 2001

Le traitement hormonal substitutif de la ménopause

« Les risques potentiels du traitement hormonal substitutif (THS) sont largement contrebalancés par ses bénéfices », estime le Pr Victor Izraël, cancérologue à l’hôpital Tenon (Paris). Certaines études réalisées aux Etats-Unis ont effectivement conclu à une majoration du risque du cancer du sein au cours du traitement de la ménopause. Six patientes sur 1000 développeraient un cancer après 10 ans de THS. Des chiffres qui peuvent faire peur, mais qu’il faut interpréter avec prudence. Le risque intervient dans les premières années du traitement substitutif et disparaît quatre ans après l’arrêt. C’est un effet à court terme. Si le THS devait provoquer des cancers, on devrait les voir apparaître tout au long de la durée du traitement. Ce qui est probable c’est que le THS ne provoque pas de nouveaux cancers mais accélère la croissance d’une tumeur pré-existante.
Ajoutons à cela que les femmes sous TSH sont généralement mieux suivies cliniquement et ont souvent davantage de mammographies que celles qui ne sont pas traitées. D’où une meilleure surveillance, ce qui permet de déceler la tumeur à un stade plus précoce, et ainsi de traiter plus facilement.
Mais surtout, il convient d’insister sur les énormes bénéfices du THS sur les troubles dit climatériques liés à la ménopause – c’est à dire les bouffées de chaleur, les troubles de l’humeur et de la libido – et surtout dans la prévention de l’ostéoporose, et du risque de développer certains cancers comme celui de l’ovaire et du côlon. Effets positifs à contrebalancer avec des risques de thrombose et d’accidents cardiovasculaires, sujet à controverses actuellement.

Reste qu’au final, « les femmes recevant le THS vivent plus longtemps que celles ne recevant pas de traitement », déclare le Pr Izraël.
Aux Etats-Unis, l’attitude des cancérologues est moins tranchée. Là bas, les estrogènes ont nettement moins la côte. A tel point que les experts du National Institute of Environnemental Health Sciences ont inscrit les estrogènes sur la liste des produits cancérigènes. Dans la pratique, les médecins préviennent les femmes du risque de cancer du sein éventuel, et c’est à elles de choisir.

Un point en commun. Les estrogènes en France comme Outre Atlantique, sont prescrits au cas par cas après interrogatoire. Pour les femmes ayant eu un cancer du sein, le THS est considéré comme potentiellement dangereux, car il peut déclencher le réveil de certaines cellules cancéreuses jusque là endormies.

Corinne PezardMis à jour, le 22 Mars 2001

Stress et cancer du sein

A cette question, la réponse est longtemps restée confuse, voire contradictoire. De fait, l’impact du stress dans la survenue d’une pathologie reste un sujet à polémique, chacun y allant de son expérience personnelle.
Certains sont convaincus que le stress est source de tous nos maux, d’autres refusent de croire à l’influence de l’esprit sur le corps, faute de preuves scientifiques.

Aujourd’hui, une récente étude dans « Journal of Cancer » réalisée auprès de 10 520 finlandaises suivies de 1975 à 1981 apporte un éclairage nouveau. En comparant un questionnaire destiné à mesurer leur mode de vie – tranquillité absolue, un peu de stress, stress absolu – les auteurs sont formels : « Nous avons mis en évidence aucune association entre la survenue d’un cancer du sein et un stress chronique ». Parmi les 10 520 femmes suivies, 205 ont eu un cancer du sein, mais leur existence n’était pas plus stressante que les autres femmes.

Nouvelle rassurante mais attention aux amalgames. Si le stress ne semble pas jouer un rôle dans le déclenchement de la maladie, en revanche il peut assombrir son évolution. Pour preuve une autre enquête parue en 1999 dans la revue The Lancet (16 octobre) réalisée auprès de 578 personnes suivies pendant cinq ans et atteintes d’une cancer du sein à un stade précoce. Les auteurs ont clairement démontré qu’un état dépressif peut augmenter les risques de rechute. D’où l’importance de la prise en charge des troubles de l’humeur dans le traitement du cancer du sein.

Corinne PezardMis à jour, le 22 Mars 2001

La prise en charge psychologique

Certaines femmes ont beaucoup de mal à parler de l’angoisse qui les taraudent après l’annonce du diagnostic. De peur d’inquiéter leur famille ou amis elles hésitent souvent à les informer. Certes la situation est difficile à gérer. Car même s’il est essentiel de mettre au courant les gens que l’on aime, le poids de la maladie ne doit pas leur peser non plus. D’où le rôle essentiel de certaines personnes extérieures. Les associations de patientes, les psychiatres ou les psychologues.

Origine : Medisite.fr