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Etre actif : portraits de gens actifs

Source : http://www.passeportsante.net

Portraits de gens actifs

Portraits de gens actifs
  • Léon René de Cotret : retrouver le plaisir
  • Lucie Dumoulin : la marche mène à tout
  • Alexandre Gosselin : l’activité physique est un jeu

Des gens réussissent à intégrer l’activité physique à leur vie quotidienne. Il leur faut, bien sûr, une bonne dose de persévérance, d’entêtement même… Mais ils vous diront tous que cela vaut vraiment la peine. Ils ont davantage d’entrain et d’endurance!

J’ai voulu vous faire rencontrer de ces gens qui ont trouvé des trucs pour bouger régulièrement avec le plus grand plaisir. En fait, je n’ai pas eu à chercher bien loin : je les ai trouvés au sein même de l’équipe de PasseportSanté.net… En toute humilité, je vous propose aussi mon propre témoignage.

Léon René de Cotret : retrouver le plaisir

Léon René de Cotret a 49 ans. Père de deux grands enfants de 17 ans et 21 ans, il vit à la campagne. Ce journaliste de PasseportSanté.net s’est remis plus intensivement à l’activité physique il y a bientôt trois ans.

Plus jeune, j’ai toujours été assez actif, mais je n’étais pas un grand sportif. J’aimais surtout le plein air. Adolescent, j’ai découvert le badminton : enfin je pouvais être « assez bon » dans un sport! Chez les scouts, je me suis initié à la raquette, au ski de fond et au canot. Au milieu de la vingtaine, je suis devenu un adepte du canot en eau vive.

Début trentaine, la venue des enfants m’a donné l’opportunité de rester actif. Nous avons choisi de faire toutes sortes d’activités en famille : randonnée, ski de fond, camping. Dès qu’ils ont été assez grands : canot en rivière, camping sauvage, excursions à la boussole, grands jeux dans la forêt, etc. Avec en plus le badminton, l’entretien du terrain, la rénovation interminable d’une maison ancienne et le jardinage, j’ai conservé la forme plus ou moins « malgré moi ».

Mais, dans la quarantaine, les occasions d’être actif ont diminué et je suis devenu plus sédentaire. Je me suis blessé au badminton et j’ai délaissé les sports. Puis, j’ai pris du poids.

État de santé : la panique?

Il y a un presque trois ans, j’ai rencontré un médecin pour un examen général de mi-quarantaine. Moi qui me sentais pourtant en excellente santé, je me suis retrouvé devant une réalité brutale : mon problème de surpoids était plus important que je n’osais me l’avouer. Ma pression sanguine était élevée et mon taux de cholestérol frôlait la catastrophe. Je devais choisir entre des médicaments ou des changements importants dans mon mode de vie. D’accord, j’allais changer!

Une qualité de vie
« Aujourd’hui, je ne pourrais plus me passer d’activité physique. J’espère ne plus jamais sombrer dans la sédentarité. Cela m’a apporté une telle qualité de vie! »

Une fois le choc passé, j’ai décidé d’en profiter pour que ces changements soient le plus agréable possible. J’ai donc essayé diverses activités physiques. Comme je m’y attendais, l’expérience du jogging, du stretching et des poids et haltères à la maison ont été un échec… Je me suis ensuite mis à faire du vélo, tôt le matin, sur un trajet en boucle dans les rangs de campagne près de chez moi. À ma grande surprise, en quelques jours, j’y ai pris plaisir. Je suis rapidement devenu plus performant et je me suis amusé à me lancer de nouveaux défis.

Lorsque l’hiver est arrivé, j’ai voulu me remettre au ski de fond. Mais la neige a tardé. J’ai donc huilé mon vélo, remplacé mes pneus, sorti mes vêtements d’hiver, et j’ai passé la saison à rouler.

Pourquoi pas un sport d’équipe?

L’hiver suivant a été moins propice au vélo. J’ai repris le badminton pour m’apercevoir que ce sport vif et exigeant n’était, à ma grande déception, peut-être plus de mon âge. Par contre, des amis m’ont invité à jouer au volley-ball, un sport que je me souvenais avoir détesté au secondaire. Nouvel étonnement : même si c’est loin d’être aussi exigeant et satisfaisant physiquement que le badminton, j’y retrouve le plaisir de rencontrer de nouvelles personnes, de jouer et surtout de rire et rire encore.

Désormais, j’essaie d’avoir une activité physique relativement intense au minimum quatre fois par semaine. Les randonnées régulières à vélo en constituent encore le principal élément. S’y ajoutent le volley-ball, et le ski de fond en hiver. Et quand je sais que je vais jardiner intensivement, compléter un projet de rénovation, passer la tondeuse ou déneiger l’entrée du garage, ça devient mon activité du jour.

Moi, au gym?

Enfin, ma plus récente, et certainement ma plus grande surprise, a été de m’abonner à un centre de conditionnement physique. Il y a quelques mois, ma compagne m’a convaincu d’au moins essayer. J’y suis allé à reculons, pour lui faire plaisir. J’étais persuadé qu’on ne pouvait pas trouver de plaisir à lever des poids, à courir sur un tapis ou à faire d’interminables redressements. Ça a pourtant été le cas! Et le fait d’y aller avec ma compagne ajoute au plaisir et à la motivation. En plus, les bénéfices sont évidents : plus de souplesse, de tonus et de force; et je monte de longs escaliers, joyeusement, sans m’essouffler. La gym remplacera peut-être le vélo cet hiver.

Aujourd’hui, ma pression sanguine et mon taux de cholestérol se sont beaucoup améliorés. J’ai perdu du poids, mais pas encore suffisamment. Ce sera la prochaine étape…

Lucie Dumoulin : la marche mène à tout

Dans la cinquantaine, Lucie Dumoulin affirme se sentir en pleine forme et c’est ce qu’elle dégage! Elle habite au coeur de Montréal. À titre de rédactrice, elle collabore régulièrement à PasseportSanté.net et à divers magazines québécois.

– Êtes-vous une personne physiquement active?

Portraits de gens actifs

Oui, d’abord parce que je n’ai pas de voiture et que je fais toutes mes courses à pied. En plus de mes déplacements « utilitaires », je vais souvent me promener juste pour le plaisir, dans un parc ou sur le mont Royal. Et le week-end, je me balade durant au moins une heure, souvent plus, à l’extérieur de la ville si j’ai le temps.

L’autre élément fondamental, c’est le cours de Gymnastique sur table TCP que je suis toutes les semaines depuis 10 ans. Je crois que c’est grâce à cet entraînement postural que je n’ai mal ni au dos, ni aux épaules, ni à la nuque… Et finalement, je vais aussi à la piscine une fois par semaine durant 25 ou 30 minutes. Je trouve ça très amusant.

– Avez-vous toujours été aussi active?

Jamais de la vie! Plus jeune, quand les autres jouaient au volley-ball, moi, je lisais à la maison. Pour moi, jusqu’à l’âge de 30 ans, l’activité physique, c’était de me rendre au cinéma ou dans une librairie… Mais, en tant que travailleuse autonome, j’étais toujours à la maison. J’ai fini par sentir le besoin de sortir de ma tête, de sortir de la ville, de changer d’air et de rencontrer des gens. Je me suis alors jointe à un groupe de randonnée pédestre. Au départ, mon besoin n’était pas de me dépenser physiquement, mais j’ai tout de suite aimé cette activité. C’est la marche en montagne qui m’a amenée à l’activité physique.

– Êtes-vous dès lors devenue la femme active que vous êtes aujourd’hui?

Aujourd’hui, je fais au moins deux heures et demie d’activité physique par semaine, mais il m’a fallu plusieurs années avant de trouver des activités qui conviennent à mon tempérament et à réussir à les incorporer dans mon régime de vie.

– Qu’est-ce qui vous motive à continuer?

C’est devenu naturel
« Je planifie mes activités physiques de la même façon que je planifie le contenu de mes repas. C’est aussi naturel que cela maintenant. »

Il y a des gens qui « doivent » bouger, sinon ils deviennent hystériques… Ce n’est pas mon tempérament. Je peux faire du hamac assez longtemps. Pourtant, j’ai fini par constater et accepter que j’ai besoin de bouger. Je sais désormais que pendant que je m’active, je me sens bien et qu’après, je vais me sentir encore mieux.

Ça ne m’est jamais, jamais arrivé de regretter après coup d’avoir entrepris une activité physique – même de la randonnée sous la grosse pluie – bien au contraire!

Évidemment, la motivation est plus forte quand l’activité se fait avec des amis, mais j’aime en faire seule aussi : j’aime avoir le temps de regarder autour de moi et être attentive aux sensations.

Bref, je suis très consciente que l’activité physique est bénéfique pour moi : c’est d’abord bon pour mon moral et mon humeur, c’est bon aussi pour ma santé et mes articulations, et ça contribue à garder mon poids et mon apparence dans un registre « agréable ».

– C’est donc incorporé dans votre rythme de vie.

Maintenant, je sais qu’il faut que je fasse de l’activité physique au moins trois fois par semaine, pendant un total d’au moins deux heures et demie. Sauf exception, c’est mon minimum.

Et pourtant, je peux me remémorer une époque où je ne pouvais même pas m’imaginer faire de l’exercice physique parce que ça me paraissait carrément « contre ma nature ». Ça a été long d’en arriver au régime que j’ai actuellement, mais j’ai réussi à trouver une recette diversifiée qui me convient et qui me comble.

Alexandre Gosselin : l’activité physique est un jeu

Alexandre Gosselin, chargé de projets technologiques chez PasseportSanté.net, est un grand gaillard de 29 ans qui habite en banlieue. Il a une fille de presque deux ans et sa compagne et lui attendent un second enfant. Il se considère comme un « sportif » de nature.

– Est-ce que vous vous décrivez comme une famille active?

J’ai moi-même toujours été sportif. Ma compagne l’était peut-être moins, mais elle a toujours aimé faire de l’activité physique. Nous n’avons pas un profil compétitif. On aime avant tout jouer, s’amuser… J’ai beaucoup de plaisir à ressentir l’effet grisant de bouger, d’avoir chaud, de me sentir en vie. Quand je joue au hockey, par exemple, je goûte à fond la sensation de rapidité et d’être constamment sur le qui-vive.

Nous espérons transmettre cela à nos enfants pour qu’ils aiment aussi jouer, bouger, être dehors, courir.

– Mais souvent, la venue d’un enfant oblige à diminuer ses activités…

Au début, bien sûr, on a réduit nos activités sportives. Mais ça ne prend pas des mois et des années pour s’adapter. Quatre jours après la naissance de notre fille, on marchait déjà en montagne.

On avait besoin de sortir! On avait le choix entre aller magasiner ou aller marcher dans la nature pour respirer l’air pur et se dégourdir les jambes. De plus, nous nous sommes dit, notre fille commence sa vie, où allons-nous l’emmener? Dans un centre commercial ou en forêt? Le choix a été évident.

Mais, j’insiste, nous ne faisons pas de l’activité physique parce qu’il le « faut ». Quand on a envie de changer d’air, ou qu’on est fatigués, frustrés, on se demande : qu’est-ce qui nous ferait du bien? Parfois c’est d’aller au resto, au cinéma ou de magasiner. Mais on sait qu’aller marcher d’un bon pas, c’est aussi une très bonne option!

– Comment avez-vous adapté vos activités physiques à la présence de votre enfant?

Une habitude à prendre
« Incorporer l’exercice dans son quotidien, ça s’acquiert lentement…»

On a choisi de faire le maximum d’activités dans lesquelles Florence peut être intégrée. On fait beaucoup de vélo, de randonnée et de ski de fond en famille. Il y a d’ailleurs toutes sortes d’équipements bien adaptés pour cela. Également, il m’arrivait de m’entraîner dans un centre de conditionnement physique. Je continue le hockey, mais maintenant, une seule fois par semaine.

Une autre chose très importante qui combine à merveille l’activité physique et le plaisir en famille, c’est de jouer vraiment avec ma fille. J’adore courir avec elle, entrer dans son monde, me rouler dans le gazon ou la neige… Bref, quitter un peu mon monde d’adulte. J’y suis parvenu en mettant de côté mon sentiment d’avoir l’air ridicule. Même quand je suis fatigué, ça vaut la peine : après qu’on ait joué ensemble, ma fille me laisse un peu plus en paix, j’ai eu du plaisir, je suis plus en forme, et tout le monde est plus heureux!

– Quels autres bénéfices retirez-vous d’être une famille active?

Quand on est plus en forme, on a plus de motivation en général. On travaille mieux au bureau, on a plus hâte de revenir chez soi, on dort mieux, on est mieux en famille, dans le couple, avec notre enfant. On prévient aussi les problèmes de poids. Ça permet également d’avoir une vie plus équilibrée, entre autres en éliminant des heures de télé superflues.

J’oserais dire que quand tu te sens léger, en forme, en confiance, tu sens la vie en toi, tu as du tonus, et les gens le remarquent.

PasseportSanté.net – Devez-vous tout de même parfois faire un effort pour demeurer actifs?

Bien sûr! Mais pour se faciliter la tâche, il faut avant tout se donner des objectifs réalisables, sinon le découragement vient vite. Par exemple, c’est parfois préférable que je dise à ma compagne qu’on va juste aller marcher ensemble, sinon elle craint que je veuille marcher à toute vitesse ou me rendre au sommet de la montagne à tout prix. Une fois partis, tout est possible et finalement, on se rend généralement au sommet, mais rien ne nous y oblige…

Quand j’entreprends une nouvelle activité, je ne me dis pas que je veux être en forme, mais plutôt que je vais découvrir quelque chose de nouveau. C’est une activité physique, mais ça pourrait être l’initiation à la guitare… Du coup, ce n’est pas contraignant.

Dès qu’on réussit une fois, même un objectif tout petit comme d’aller marcher 15 minutes, la fois suivante c’est plus facile et plus motivant. Mais les gens se mettent souvent la barre trop haute, se retrouvent devant un échec, et abandonnent. Un pas à la fois…

Recherche et rédaction : Léon René de Cotret
Le 11 septembre 2006