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Sinusite : qu’est-ce que c’est ?

Source : http://www.passeportsante.net


La sinusite désigne l’inflammation des muqueuses qui recouvrent l’intérieur des sinus. Les sinus sont des cavités osseuses (réparties en 4 paires) situées dans les os du visage (voir schéma). Chaque sinus communique avec les fosses nasales grâce à de petites ouvertures, par lesquelles s’écoule normalement le mucus produit dans les sinus.
L’inflammation de la muqueuse des sinus, aussi appelée rhinosinusite, est habituellement causée par une infection virale ou bactérienne. Lorsqu’un virus ou une bactérie se propage dans les sinus, la muqueuse s’irrite et enfle, ce qui risque d’obstruer les sinus. Le mucus n’est alors plus drainé normalement vers le nez et, dans ce milieu fermé, les microbes se multiplient librement.

La douleur et la sensation de pression au visage, bien connues des gens atteints de sinusite, proviennent de l’accumulation de mucus à l’intérieur du ou des sinus.

La sinusite est une affection fréquente, mais dont la prévalence est difficile à estimer. Selon certaines études, elle toucherait de 10 % à 15 % de la population27, adultes comme enfants.

Note. Chaque sinus porte un nom différent en fonction de sa position (voir schéma). Ainsi, selon le sinus infecté, on parlera de sinusite frontale, maxillaire, sphénoïdale gauche (si un seul côté est touché), etc.

Types de sinusite

Sinusite aiguë. Elle ne dure pas plus de 4 semaines et ne réapparaît pas plus de 3 fois par an. Dans la plupart des cas, elle suit une infection virale des voies respiratoires supérieures, le plus souvent un rhume. Au Canada comme en France, de 0,5 % à 2 % des personnes enrhumées contractent une sinusite.

Autres causes ou facteurs possibles :

  • une infection bactérienne ou fongique (par des champignons);
  • des allergies;
  • un abcès dentaire qui se propage aux sinus;
  • la pollution atmosphérique;
  • des polypes nasaux;
  • une déviation de la paroi nasale.

Sinusite chronique. La sinusite devient chronique lorsqu’elle persiste au-delà de 12 semaines (on parle de sinusite subaiguë entre 4 et 12 semaines). Si la sinusite aiguë ne répond pas aux traitements habituels ou si elle n’est pas soignée, elle risque d’évoluer vers une sinusite chronique. En général, la chronicité s’installe après plusieurs poussées de sinusite aiguë (sinusites récurrentes), mais il arrive parfois qu’une sinusite aiguë évolue tout de suite vers la chronicité.

Le plus souvent, la sinusite chronique est due à des allergies. Il peut s’agir d’allergies aux animaux familiers, aux acariens, au pollen, aux champignons ou à d’autres substances qui provoquent une inflammation des parois du nez et des sinus. Ainsi, de 50 % à 80 % des personnes atteintes de sinusite chronique sont allergiques ou ont une rhinite allergique28.

D’autres facteurs peuvent être en cause :

  • le tabagisme actif ou passif;
  • un système immunitaire faible;
  • la fibrose kystique;
  • une anomalie anatomique : une forme anormale des petits canaux permettant aux sinus de communiquer avec les fosses nasales ou une déviation de la cloison nasale;
  • des polypes nasaux;
  • la natation (irritation due au chlore);
  • l’usage de cocaïne par voie nasale;
  • un traumatisme facial provoquant l’obstruction d’un ou de plusieurs sinus;
  • l’exposition à des produits chimiques irritants (comme le formaldéhyde);
  • le reflux gastro-oesophagien non traité (surtout chez les enfants).

Complications possibles

Dans de très rares cas, l’infection des sinus peut se propager vers les yeux ou le cerveau, ce qui peut notamment causer les problèmes suivants :

  • une méningite;
  • un abcès au cerveau;
  • une thrombophlébite des veines des yeux;
  • une ostéomyélite des os frontaux (surtout chez les enfants).

En outre, les sinusites non traitées ou chroniques risquent d’aggraver les troubles respiratoires chez les personnes souffrant d’asthme, en particulier chez les enfants.

Symptômes

Typiquement, la sinusite apparaît après un rhume, qui semble guéri ou en voie de guérison et qui se complique par l’infection des sinus.

Symptômes typiques

  • Une douleur faciale (au-dessus des sourcils, au nez, aux joues, autour et derrière les yeux).
  • Des sensations douloureuses de pression dans la zone des sinus ou d’un seul côté du visage.
  • Une congestion nasale.
  • Des sécrétions nasales jaunâtres ou verdâtres épaisses et purulentes, en cas d’infection bactérienne. Si les sécrétions sont claires, il s’agit plutôt d’une infection virale (pour laquelle les antibiotiques ne sont d’aucune utilité).
  • Une fièvre légère et un malaise général.
  • Une diminution ou une perte d’odorat.

Autres symptômes possibles

  • Une mauvaise haleine.
  • Des maux de tête.
  • Des douleurs aux dents et à la mâchoire du haut.
  • Une toux grasse, car les sécrétions ont tendance à se retrouver dans la gorge.

Remarques

  • Les douleurs s’accentuent lorsque l’on penche la tête vers le bas.
  • En cas de sinusite chronique, les symptômes sont les mêmes que ceux de la sinusite aiguë, mais ils durent plus longtemps et il n’y a pas de fièvre.

Personnes à risque de sinusite

  • Les enfants. Les enfants contractent en moyenne de 6 à 8 rhumes par an, dont 0,5 % à 5 % évoluent vers une sinusite (qui touche principalement les sinus ethmoïdaux, car les autres sinus se forment plus tard dans l’enfance).
  • Les personnes qui ont déjà eu une sinusite sont plus à risque d’en avoir d’autres.
  • Les personnes qui souffrent d’allergies respiratoires (rhume des foins).
  • Les personnes asthmatiques.
  • Les personnes qui ont une anomalie congénitale qui cause l’obstruction du nez ou des sinus.
  • Les personnes qui ont des polypes nasaux ou des abcès dentaires.
  • Les personnes dont le système immunitaire est affaibli en raison d’une autre maladie.
  • Les personnes atteintes de fibrose kystique.

Facteurs de risque

  • Contracter une infection des voies respiratoires supérieures (principal facteur).
  • Vivre dans un milieu où l’air est humide ou pollué.
  • Fumer la cigarette ou être exposé à la fumée ou à d’autres polluants chimiques.

Prévention de la sinusite

Pourquoi prévenir?
  • La sinusite, qui dure généralement plus longtemps qu’un rhume, peut être très douloureuse et entraîner des complications graves.
  • Les personnes qui se savent à risque (dont celles qui ont déjà eu une sinusite) peuvent réduire leur risque de récidive.
  • Les mesures préventives aident à prévenir l’évolution vers une sinusite chronique.

Mesures pour prévenir les sinusites

Sinusite

Certaines mesures permettent de réduire le risque de contracter la maladie une première fois, ou de nouveau, ou encore d’avoir une sinusite chronique. Pour l’essentiel, il s’agit de :

  • Prévenir le rhume par les moyens habituels : bien se laver les mains, éviter les contacts étroits avec les personnes enrhumées.
  • Prévenir les allergies en s’exposant le moins possible aux allergènes (animaux familiers, pollen, acariens, etc.) et aux polluants qui nous affectent habituellement.
  • Avoir un mode de vie équilibré en ce qui a trait au stress, à l’activité physique, à l’alimentation, etc.
  • Éviter de fumer ou de s’exposer à la fumée de tabac, qui irrite les sinus.
  • Éviter d’utiliser des décongestionnants sous forme de vaporisateurs nasaux (Dristan®, Otrivin®) durant plus de 3 jours, car ils peuvent entraîner une accoutumance et une congestion nasale de « rebond » (qui réapparaît au moment de l’arrêt). De plus, chez certaines personnes, ils irritent la muqueuse fragile du nez. Les décongestionnants pris par voie orale occasionnent moins de problèmes à la muqueuse nasale, mais peuvent avoir des effets secondaires gênants (aggravation de l’hypertension artérielle, par exemple). De plus, leur efficacité est contestée.

Mesures pour prévenir les complications
  • Consulter un médecin pour recevoir un diagnostic précis et prendre les mesures nécessaires pour traiter la sinusite permet généralement de prévenir les complications (méningite, ostéomyélite, etc.).
  • Surveiller les signes suivants, qui indiquent une complication :
    – une vision anormale (parfois, une vision double);
    – une enflure autour des yeux;
    – un changement dans l’état de conscience.
  • Ne pas insister auprès de son médecin pour recevoir des antibiotiques si ce n’est pas nécessaire. La plupart des sinusites sont d’origine virale ou allergique et ne peuvent donc pas être traitées par antibiotiques (qui ne combattent que les bactéries).

Traitements médicaux de la sinusite

En général, les soins maison décrits ci-après permettront de soulager les premiers symptômes de la sinusite aiguë et de rétablir le drainage normal des sinus.

S’il s’agit d’un cas plus grave ou d’une sinusite chronique, il faudra peut-être utiliser un médicament, voire avoir recours à la chirurgie. Dans certains cas, il peut être nécessaire de soigner la cause sous-jacente de la sinusite, comme la présence de polypes nasaux ou d’une rhinite allergique.

Médicaments

La plupart du temps, le traitement de la sinusite vise uniquement à apaiser les symptômes en attendant la guérison spontanée. En effet, dans 75 % des cas, la sinusite se guérit sans traitement en moins de 1 mois.

Analgésiques (antidouleur). L’acétaminophène (Tylénol®) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Advil®, Motrin®, Aspirin®) permettent de soulager les maux de tête et la douleur.

Antihistaminiques. On ne les emploie que pour soulager les symptômes liés aux allergies. Sinon, il faut les éviter, car ils assèchent et épaississent les sécrétions nasales.

Décongestionnants. Éviter d’utiliser des décongestionnants sous forme de vaporisateurs nasaux (Dristan®, Otrivin®) pendant plus de 3 jours, car ils peuvent entraîner une congestion de rebond. À titre de décongestionnant, on peut utiliser simplement une solution saline en inhalation ou en pulvérisation nasale (voir l’encadré ci-dessous). Cela aide à atténuer les symptômes en évacuant les sécrétions.

Corticostéroïdes. Pour les personnes qui souffrent d’allergies ou de polypes nasaux, le médecin pourra prescrire des corticostéroïdes en vaporisation nasale pour diminuer l’inflammation. Dans certains cas, en présence de polypes nasaux, des corticostéroïdes oraux, comme la prednisone, peuvent être prescrits.

Antibiotiques. Lorsque la sinusite est causée par une infection bactérienne, des antibiotiques peuvent être utilisés. La prise d’antibiotiques raccourcit légèrement la durée de la sinusite et en soulage les symptômes. Le traitement dure généralement de 7 à 10 jours. Les antibiotiques utilisés sont généralement de l’amoxicilline, des dérivés de l’érythromycine, la doxicycline ou le trimétroprim-sulfa, qui sont habituellement efficaces et peu coûteux. En cas de sinusite chronique, on propose parfois un traitement prolongé (jusqu’à 21 jours). Dans les cas graves de sinusite bactérienne, des antibiotiques seront administrés par voie intraveineuse à l’hôpital.

Note. Dans la majorité des cas de sinusite, les antibiotiques ne sont d’aucune utilité, car les facteurs en cause ne sont pas des bactéries, mais des virus, des allergies, des polypes nasaux, etc. De plus, les deux tiers des sinusites bactériennes guérissent spontanément et rapidement sans antibiotiques.

Immunothérapie. En cas de sinusite chronique ou à répétition due à des allergies, il est parfois possible de suivre un traitement par immunothérapie (ou désensibilisation). C’est un traitement de longue durée, qui nécessite des injections régulières, et qui permet d’habituer progressivement le corps aux substances qui déclenchent les allergies (pollen, acariens…). À terme, il permet de supprimer (ou de réduire nettement) la réaction allergique.

Chirurgie

Lorsque la sinusite chronique ne répond pas aux traitements courants, on recourt parfois à la chirurgie pour rétablir les ouvertures vers les fosses nasales et drainer les sinus. La chirurgie peut également permettre de corriger des anomalies structurelles du nez ou enlever des polypes nasaux.

Soins maison

Contribuer à l’évacuation des sécrétions nasales avec les moyens de base : se moucher, boire beaucoup d’eau, utiliser un humidificateur, inhaler de la vapeur ou une solution saline.

Inhalation de vapeur. En humidifiant le milieu nasal, la vapeur liquéfie les sécrétions nasales, ce qui permet de dégager les sinus et de soulager la pression. Pour profiter des bienfaits de la vapeur, il n’est pas nécessaire d’utiliser un appareil ou d’aller dans un sauna. Il suffit de respirer la vapeur d’un bol d’eau très chaude en se couvrant la tête d’une serviette pour garder la chaleur et l’humidité concentrées. On peut également inhaler l’air chaud et humide d’une douche ou d’un bain chaud. On peut aussi profiter des bienfaits des huiles essentielles d’eucalyptus et de menthe en les ajoutant à l’eau.

Remarque. La fréquentation des saunas publics pourrait être responsable de sinusites chroniques dans la mesure où celles-ci résultent notamment d’une allergie aux moisissures. En effet, l’hygiène n’y est pas toujours impeccable2.

Inhalation d’eau salée. Ce moyen naturel permet de dégager les sinus en les rinçant avec de l’eau salée. Il existe en pharmacie des solutions salines déjà préparées (Salinex®, Hydrasense®). On peut aussi les préparer soi-même. Il suffit de dissoudre 1/2 c. à thé de sel dans 240 ml (8 oz) d’eau bouillie et refroidie. Voici comment procéder :

  • Déposer quelques gouttes d’une solution saline dans chaque narine. Pour faciliter l’application, se coucher sur le dos et incliner sa tête vers l’arrière.
  • Nettoyer l’intérieur des narines à l’aide d’un écouvillon.
  • Mettre de nouveau quelques gouttes de solution saline dans chaque narine.
  • Se moucher, ou aspirer le mucus à l’aide d’une poire nasale dans le cas d’un jeune enfant.

Autres conseils

  • Se reposer durant la phase aiguë.
  • Boire plus pour ne pas se déshydrater (environ 8 verres d’eau ou d’autres boissons par jour). Une consommation d’eau accrue permet aussi d’éclaircir les sécrétions et de les évacuer plus facilement.
  • Éviter de s’exposer à des changements de température importants ainsi qu’à un air froid et sec.
  • Maintenir un bon taux d’humidité, de 40 % à 50 % dans la maison, en particulier dans les chambres à coucher. Attention de ne pas dépasser 50 %, car le risque de moisissures (et d’allergies) augmente alors.
  • Éviter de pencher la tête vers le bas, car cela peut accroître la douleur.
  • Ne pas nager sous l’eau, faire de la plongée sous-marine ou voyager en avion durant la phase aiguë.
  • En cas de sinusite chronique, les mesures préventives permettront de prévenir l’aggravation des symptômes.

L’opinion d’un médecin

Malheureusement, j’ai trop souvent vu des patients attendre des heures pour voir un médecin, en espérant qu’il guérisse leur sinusite qui dure depuis 3 ou 4 jours. Ils sont souvent déçus de ne pas recevoir d’autre recommandation que de continuer à utiliser des irrigations salines et de l’acétaminophène (Tylénol®) au besoin.

Je réserve les prescriptions d’antibiotiques, qui sont de toute façon d’utilité douteuse, aux patients qui ont des symptômes depuis plus de 7 jours ou qui ont des symptômes vraiment graves.

Je vous en prie : n’insistez pas pour recevoir des antibiotiques qui ne vous aideront pas et qui pourraient vous rendre au contraire plus malades!

Dr Dominic Larose M.D. MCMFC (MU) ABEM

Révision médicale (juin 2010) : Dr Dominic Larose, M.D., MCMFC(MU) ABEM

Approches complémentaires

Dans une approche de santé globale, on se sert de plantes, de suppléments et de diverses thérapies pour traiter les symptômes de la sinusite, qu’elle soit aiguë ou chronique. L’objectif est de décongestionner les voies nasales, diminuer l’inflammation et la production de mucus et lutter contre les micro-organismes présents. Ces approches peuvent aussi aider à renforcer les défenses immunitaires1.

En cas de sinusite chronique, d’autres mesures s’ajoutent, comme la recherche et le traitement des allergies (alimentaires ou autres) et des carences en nutriments3,4.

Efficacité possible Broméline. Cette enzyme dérivé de l’ananas pourrait aider à soulager les symptômes de la sinusite aiguë et chronique. Des experts estiment que les suppléments de broméline peuvent être utiles comme traitement adjuvant grâce à leur activité anti-inflammatoire8. Quelques essais cliniques réalisés chez les adultes à la fin des années 1960 appuient cet usage9. En 2005, une étude menée en Allemagne auprès de 116 enfants, âgés de 10 ans ou moins, atteints d’une sinusite aiguë, révélait que la prise de suppléments de broméline accélère la guérison10. La Commission E allemande reconnaît l’usage de la broméline pour traiter la sinusite.
Dosage

Une variété de doses a été utilisée lors des études. Les données scientifiques sont trop peu nombreuses pour mentionner un dosage.

Efficacité incertaine Géranium du Cap (Pelargonium sidoides). En 2009, un essai clinique aléatoire mené contre placebo, sur 103 adultes présentant des symptômes de sinusite depuis plus de 7 jours, a montré l’efficacité de l’extrait végétal de Pelargonium sidoides administré sous forme de gouttes pendant 22 jours maximum. Les malades ayant reçu le produit (60 gouttes 3 fois par jour par voie orale) ont vu leurs symptômes s’atténuer, voire disparaître, plus rapidement qu’avec le placebo29.

Efficacité incertaine Mélange de gentiane (Gentiana lutea), primevère officinale (Primula veris), oseille commune (Rumex acetosa), sureau noir (Sambucus nigra) et verveine (Verbena officinalis). Un produit européen, le Sinupret® (BNO-101), offre une association de ces plantes. En Allemagne, il fait partie des produits les plus prescrits en phytothérapie pour soigner la sinusite aiguë et chronique5. Il diminuerait la viscosité du mucus, facilitant ainsi son évacuation. En Europe, plus d’une douzaine d’études de pharmacologie et de toxicologie (incluant des essais cliniques) ont testé son efficacité et sa sécurité. Après avoir analysé l’ensemble des données scientifiques, des experts ont conclu en 2006 que le Sinupret® semble diminuer la formation de mucus, réduire les maux de tête ainsi que la congestionnasale lorsqu’il est utilisé avec des antibiotiques6,11.

Efficacité incertaine Homéopathie. L’expérience et la pratique clinique semblent appuyer l’utilisation de l’homéopathie pour soigner la sinusite chronique3. Quelques essais cliniques indiquent un effet supérieur à un placebo13-17. Les essais, dont plusieurs ont été réalisés en Allemagne, utilisaient des préparations homéopathiques différentes. En pratique, le traitement est déterminé en fonction des symptômes et de leur degré d’importance : l’endroit où la douleur se situe, l’aspect et la couleur des écoulements, etc.18,19

Efficacité incertaine Andrographis (Andrographis paniculata). L’Organisation mondiale de la Santé reconnaît l’usage de l’andrographis pour la prévention et le traitement des infections respiratoires, comme le rhume, la sinusite et la pharyngite. D’après des essais in vitro, cette plante aurait notamment des effets immunostimulants et anti-inflammatoires. Un essai clinique avec placebo réalisé sur 185 personnes atteintes d’une infection des voies respiratoires supérieures (dont la sinusite) a conclu qu’un extrait d’andrographis (Kan Jang), pris durant 5 jours, atténue les symptômes liés à l’inflammation (congestion nasale, écoulements, etc.)7.
Dosage

Prendre 400 mg d’extrait normalisé (renfermant de 4 % à 6 % d’andrographolide), 3 fois par jour.

Usage reconnu Eucalyptus (Eucalyptus globulus). Les feuilles de cette plante ainsi que son huile essentielle sont reconnues par la Commission E allemande pour traiter les inflammations des voies respiratoires. L’eucalyptus a la propriété de diminuer la viscosité des sécrétions nasales et de tuer les bactéries (en particulier celles de type streptocoque, parfois en cause dans les cas de sinusite).
Dosage

– Les feuilles d’eucalyptus peuvent être consommées sous forme d’infusion : infuser de 2 g à 3 g de feuilles séchées dans 150 ml d’eau bouillante durant 10 minutes, et boire 2 tasses par jour.
– Pour préparer une inhalation de vapeurs d’huile essentielle d’eucalyptus, mettre dans un bol d’eau très chaude 1 c. à thé de feuilles séchées d’eucalyptus. Ajouter au mélange 1 c. à thé de crème ou de baume à l’eucalyptus, ou encore 15 gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus. Inhaler les vapeurs alternativement par le nez et la bouche après avoir recouvert d’un tissu la tête et le bol3.

Usage reconnu Menthe poivrée (Mentha pepirata). La Commission E reconnaît les effets thérapeutiques de l’huile essentielle de menthe poivrée, par voie interne, sur les symptômes du rhume et pour réduire l’inflammation des muqueuses du nez. L’ESCOP reconnaît son efficacité en usage externe.
Dosage

Verser 3 ou 4 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée dans de l’eau très chaude et inhaler les effluves. Répéter de 2 à 3 fois par jour3. Ou encore utiliser un onguent nasal.

Approches à considérer Acupuncture. L’acupuncture pourrait aider, à court terme, à soulager la douleur et à faciliter la décongestion nasale, selon des experts3. Une étude de cas, réalisée en 1984 sur 971 sujets ayant reçu des traitements d’acupuncture pour différents malaises, rapporte des résultats positifs en cas de sinusite20. Un essai clinique contre placebo mené en 2009 en Allemagne sur 24 patients a aussi montré une efficacité de l’acupuncture sur la congestion nasale12. Certains chercheurs estiment que l’acupuncture devrait être réservée aux cas de sinusite chronique ou de sinusites à répétition. Selon eux, en raison des complications possibles, surtout chez les jeunes enfants (méningite, ostéomyélite), la sinusite aiguë devrait être rapidement traitée par des antibiotiques (lorsqu’elle est d’origine bactérienne)21.

Approches à considérer Hydrothérapie par contraste. L’application de compresses chaudes et froides sur la région des sinus permet de diriger des nutriments vers la zone malade et de diffuser, hors des sinus, les déchets métaboliques créés par l’inflammation. Il s’agit d’appliquer en alternance une compresse chaude durant 3 minutes et une compresse froide durant 1 minute, à 3 reprises au cours d’une séance qu’il faudra répéter de 2 ou 3 fois par jour. Indiqué pour tous les types de sinusite3.

Approches à considérer Ostéopathie crânienne. Cette approche pourrait améliorer la circulation des liquides dans la tête, renforcer le système immunitaire et réduire la fréquence des sinusites22. L’ostéopathie crânienne se concentre sur les composantes voisines du système nerveux central. Son principe de base est qu’il existe un mouvement rythmique des fluides du corps, qui se fait conjointement avec un mouvement des os de la tête. Ce rythme pourrait être altéré par des malaises, des traumatismes ou des maladies.

Approches à considérer Recommandations alimentaires. Certains aliments ou épices ont un effet décongestionnant. C’est le cas du raifort, de l’ail, du cari, du poivre et du cayenne. Parmi les fines herbes, on reconnaît au thym et à la sauge des propriétés antimicrobiennes. De plus, la sauge assécherait les sécrétions23.

Inversement, certains aliments pourraient aggraver les symptômes. Ils peuvent varier d’une personne à l’autre. Aux personnes qui souffrent de sinusite chronique, des experts conseillent d’éliminer le lait de vache et ses produits dérivés, car ceux-ci contribueraient à la production de mucus1. Cet avis est cependant controversé. Certains suggèrent d’essayer durant 3 mois et d’observer les effets. Le Dr Andrew Weil affirme qu’en agissant ainsi, beaucoup de gens ont remarqué une nette amélioration de l’état de leurs sinus24. En remplacement, il recommande le lait de chèvre, qui ne provoquerait pas les troubles immunitaires et allergènes associés au lait de vache25. En outre, le blé et une alimentation riche en sel pourraient provoquer les symptômes1. Consulter une nutritionniste pour des conseils personnalisés.

Approches à considérer Réflexologie. Le massage des zones réflexe peut aider à soulager les symptômes à court terme3.

Sites d’intérêt

Canada

Association d’oto-rhino-laryngologie (ORL) et de chirurgie cervico-faciale du Québec
Fondée en 1959, l’association regroupe les médecins ORL du Québec et fournit de l’information sur les maladies de la sphère ORL.
www.orlquebec.org

Société Canadienne d’oto-rhino-laryngologie (en anglais)
www.entcanada.org

Guide Santé du gouvernement du Québec
Pour en savoir plus sur les médicaments : comment les prendre, quelles sont les contre-indications et les interactions possibles, etc.
www.guidesante.gouv.qc.ca

États-Unis

American Academy of Otolaryngology
L’organisation regroupe 12 000 spécialistes ORL du Québec et fournit de l’information pour les patients sur les différentes maladies ORL.
www.entlink.org

Recherche et rédaction : PasseportSanté
Mise à jour :
juillet 2010

Références

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Notes

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4. Yarnell E, Abascal K et Hooper CG. Clinical Botanical Medicine, Mary Ann Liebert Inc., États-Unis, 2003.
5. Schulz V, Hänsel R, Tyler VE. Rational Phytotherapy – A Physicians’ Guide to Herbal Medicine, fourth edition, Springer, Allemagne, 2001, p. 197-198, 360.
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