Bio en pratique

Que choisir?

En raison du prix, ou pour des raisons simplement pratiques, il est rare que l’on puisse acheter exclusivement des aliments bios. Pour déterminer lesquels choisir, on peut privilégier ceux qui, en agriculture industrielle, contiennent les plus fortes concentrations de résidus de pesticides.

Voici donc une liste des fruits et légumes qui se retrouvent le plus souvent incriminés6-10. Si vous avez le choix, consommez-les bios!

Le cantaloup
Le céleri
La cerise
La citrouille
Le concombre
La courge
L’épinard
La faise
La framboise
Le haricot
La laitue
La nectarine
La pêche
La poire
Le poivron
La pomme
La pomme de terre
Le raisin
Source : http://www.passeportsante.net

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Où trouver des produits bios?

Il y a quelques années, on ne trouvait des aliments biologiques que dans certains magasins de produits naturels et le choix offert était passablement réduit. Aujourd’hui, les circuits de distribution se sont organisés. Plusieurs grandes chaînes d’épicerie ont des sections de produits certifiés biologiques : fruits et légumes frais, grains, farines, œufs, lait et produits laitiers, ainsi qu’une gamme de produits transformés allant des pâtes alimentaires aux biscuits, en passant par les boissons de soya. Le marché de la viande se développe plus lentement. Mais on trouve, dans certaines boucheries, du poulet, du bœuf, du veau ou du porc, parfois des saucisses, le tout davantage sous forme congelée. Certaines poissonneries proposent aussi des poissons d’élevage certifiés biologiques.

Parallèlement aux grands réseaux de distribution, de petits réseaux de vente directe, du producteur au consommateur, se sont établis. Les gens se déplacent à la ferme, lorsque c’est possible, pour s’y procurer les aliments bios qui y sont produits. Ils peuvent aussi recevoir, par l’intermédiaire d’un producteur de leur région, un panier bio, livré chaque semaine à un point de chute près de chez eux. C’est ce qu’on appelle « l’agriculture soutenue par la communauté (ASC) ».

Le panier bio contient généralement des produits cultivés par le producteur, auxquels s’ajoutent des produits locaux et importés. Le contenu varie tout au long de la saison, selon les variétés disponibles et les prix. Le coût de l’abonnement est habituellement réparti en 2 ou 3 versements. Ainsi, tout le monde y gagne. Le producteur dispose d’argent au moment des semis et il est assuré de trouver preneur pour ses récoltes à venir. Le consommateur, lui, profite d’un approvisionnement en produits frais à bon prix puisqu’il n’y a pas d’intermédiaires.

Participer à un réseau d’ASC, c’est aussi acheter surtout des aliments produits localement, ce qui contribue à réduire l’empreinte écologique en minimisant les longs trajets qu’effectuent les aliments avant de se retrouver sur les étalages des grandes épiceries (voir l’encadré ci-dessous).

Au Québec, l’organisme Équiterre met en contact les producteurs et les consommateurs intéressés à participer à des programmes d’ASC1. Le réseau d’ASC d’Équiterre comprend 115 « fermiers de famille » qui offrent le fruit de leur récolte ou de leur élevage à près de 10 800 citoyens. De plus, 30 autres offrent des produits qui peuvent être ajoutés en commandes additionnelles (ex. : miel, produits de la pomme, fromages, etc.). Près de 390 points de chute sont établis à travers 13 régions du Québec.

Attention à votre empreinte écologique!

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« Biologique », est-ce nécessairement synonyme « d’écologique »? Une laitue bio qui a voyagé 5 000 km avant de se retrouver dans votre assiette est peut-être moins « écologique » qu’une laitue, cultivée de façon industrielle, qui provient d’un producteur local. Il en va de même pour la fraise californienne que nous achetons en janvier.
Qui dit distance, dit en effet consommation d’énergie. Les produits agricoles bios semblent trouver preneur avant tout sur les marchés locaux. Cela s’explique sans doute par le fait que ce type d’agriculture est l’oeuvre, en large partie, de petits producteurs.
Pas moins de 79 % des légumes bios parcourent moins de 160 km de la ferme à la table d’après le ministère américain de l’Agriculture. Par contre presque 50 % des produits animaux bios, incluant les oeufs et les produits laitiers, voyageraient sur plus de 800 km11.

Question de prix

Le consommateur canadien paie, en moyenne, de 20 % à 50 % de plus pour les produits biologiques que pour ceux issus de l’agriculture industrielle. Même situation en Allemagne, tandis qu’en France, le surplus varie de 25 % à 35 %, en Autriche de 25 % à 30 %, aux États-Unis de 10 % à 30 % et au Japon de 10 % à 20 %2.

De manière générale, ce prix plus élevé des produits bios est attribuable au fait que l’offre est faible par rapport à la demande. La production et la distribution sont encore relativement marginales, ce qui ne permet pas de réaliser des économies d’échelle. Aussi, l’agriculture biologique est généralement plus exigeante en main d’oeuvre3.

Toutefois, depuis peu, les grandes chaînes proposent parfois des fruits bios à prix comparable, voire inférieur à celui du produit ordinaire équivalent. C’est parfois le cas, au Québec, pour les agrumes ou les bananes, au cours de l’hiver. Mais les prix fluctuent tellement en fonction d’une foule de considérations (climat, approvisionnement mondial, offre et demande, etc.) qu’il faut constamment les comparer pour dénicher les aubaines.

Une façon d’économiser sur le prix des produits bios est de se procurer des paniers bios ou d’acheter les produits directement du producteur. Les prix s’approchent alors de ceux des produits industriels. L’organisme Équiterre donne aussi des conseils pour manger bio selon ses moyens4.

Soulignons enfin que les partisans du bio affirment que, si l’on tenait compte de ce qu’il en coûte vraiment pour la société de consommer les aliments de l’agriculture industrielle (coûts reliés à la pollution et aux problèmes de santé qui en découlent), on constaterait que, globalement, le bio n’est pas plus cher5.

Recherche et rédaction : Pierre Lefrançois et Léon René de Cotret
Mise à jour :
septembre 2009
Création :
septembre 2005

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Bibliographie

Ben Salha S, Robitaille J. Les produits biologiques : quel est leur avenir sur le marché canadien? Direction des études économiques et d’appui aux filières(MAPAQ), Canada, 2005. [Consulté le 28 juillet 2005]. www.mapaq.gouv.qc.ca
Conseil des appellations agroalimentaires du Québec (CAAQ), Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). [Consulté le 28 juillet 2005]. www.caaq.org
Consumers Union Report: Pesticides Residues Still Too High in Children’s Foods. Consumers Union of United States Inc. États-Unis, 2000. [Consulté le 27 juillet 2005]. www.consumersunion.org
L’Agriculture soutenue par la communauté. Équiterre. Canada, 2005. [Consulté le 27 juillet 2005]. www.equiterre.org

Notes

1. L’Agriculture soutenue par la communauté. Équiterre. Canada, 2005. [Consulté le 27 juillet 2005]. www.equiterre.org
2. Ben Salha S, Robitaille J. Les produits biologiques : quel est leur avenir sur le marché canadien? Direction des études économiques et d’appui aux filières, MAPAQ, Canada, 2005. [Consulté le 28 juillet 2005]. www.mapaq.gouv.qc.ca
3. Questions fréquemment posées sur l’agriculture biologique. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). [Consulté le 31 aout 2005]. www.fao.org
4. Consultez le guide pratique d’Équiterre : Mon épicerie biologique… et accessible.
5. Jules Pretty. The Real Costs of Modern Farming, Resurgence, Issue 205, March / April 2001. [Consulté le 31 aout 2005]. www.resurgence.org
6. Benbrook Charles M. Minimizing Pesticide Dietary Exposure Through Consumption of Organic Foods, The Organic Center for Education and Promotion, May 2004. [Consulté le 31 aout 2005]. www.organic-center.org
7. Willis Monica Michael. Organic Foods, The GreenGuide. [Consulté le 31 aout 2005]. www.thegreenguide.com
8. Top Produce to Buy Organic, Delicious Organics. [Consulté le 31 aout 2005]. www.deliciousorganics.com
9. Consumers Union Report: Pesticides Residues Still Too High in Children’s Foods. Consumers Union of United States Inc. États-Unis, 2000. [Consulté le 27 juillet 2005]. www.consumersunion.org
10. Servan-Schreiber D. Les réflexes anticancer au quotidien. Robert Laffont, France, 2007. www.guerir.org
11. Willer Helga et Minou Yussefi. The World of Organic Agriculture. Statistics and Emerging Trends 2005. International Federation of Organic Agriculture Movements (IFOAM), Allemagne, 2005. [Consulté le 2 septembre 2005]. www.soel.de