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-Partie 1- L’Hypnothérapie (hypnose)

Source : http://www.passeportsante.net

L’hypnose, qu’est-ce que c’est ?

Issu du XVIIIe siècle, le terme hypnose vient du mot grec hupnoein qui signifie endormir. Cependant, l’hypnose n’a rien à voir avec le sommeil et correspond plutôt à un état d’« hyperconcentration détendue ».

L’hypnose classique et l’hypnose ericksonienne

Dans les traditions anciennes, des guérisseurs ou des chamans ont toujours utilisé des techniques de mise en transe comme outils de guérison. Dans la société occidentale, c’est seulement depuis le XVIIIe siècle que l’on expérimente le potentiel thérapeutique de l’hypnose. Elle aurait été « redécouverte » à cette époque par le médecin autrichien Anton Mesmer. Mais c’est à un autre médecin, le Britannique James Braid (1837-1910), que l’on reconnaît d’en avoir établi un usage médical fiable. Après sa mort, le flambeau a été repris par des Français, dont les neurologues Hyppolite Bernheim et Jean Charcot. En 1955, la British Medical Society reconnaissait à l’hypnose un rôle de procédure médicale. L’American Medical Association faisait de même quelques années plus tard.

C’est de ce courant qu’est issue l’hypnose classique. Elle fonctionne avec des suggestions directes (« les araignées sont des bêtes inoffensives », par exemple) qui sont les mêmes pour tous les sujets ayant le même objectif. Son utilité est reconnue pour un certain nombre de problèmes comportementaux, comme les phobies, et pour modifier le ressenti corporel.

Depuis le milieu du XXe siècle, se développe une nouvelle forme de communication sous hypnose. On ne cherche alors pas à éliminer les symptômes, mais à les écouter et à les respecter en demandant leur signification à l’inconscient (qui en saurait beaucoup plus que le conscient). Son créateur, le psychiatre et psychologue américain Milton Erickson, affirmait qu’une structure psychophysique est beaucoup trop complexe pour que quiconque, même le sujet conscient ou le plus grand expert, puisse décider comment intervenir avec un symptôme. Il proposait donc de solliciter la créativité de l’inconscient et de l’inviter à exprimer ce qui pourrait être changé pour rendre une certaine situation moins difficile.

L’hypnose ericksonienne ne fonctionne pas de façon linéaire, mais suit le cheminement « erratique » de l’inconscient. Elle puise parmi plusieurs techniques de communication afin de provoquer un dialogue entre celui-ci et le conscient : métaphores, recadrage, activation de rêves, suggestions indirectes ou composées, altération sensorielle, etc. Erickson disait : « L’hypnose, c’est une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne. »1 Le psychologue et hypnothérapeute américain Kenneth Saichek écrit de l’hypnose ericksonienne qu’elle serait de « type maternel », tandis que l’approche classique serait de « type paternel ou autoritaire »2. Deux modes de fonctionnement qui ont chacun leurs adeptes.

Savez-vous que la majorité d’entre nous expérimente régulièrement une forme légère de transe hypnotique? Il arrive parfois que, centrés sur une idée ou une sensation, nous fassions complètement abstraction de la réalité environnante tout en poursuivant des activités comme marcher, laver la vaisselle ou conduire la voiture… et rater la sortie de l’autoroute. L’état hypnotique peut donc survenir naturellement et régulièrement chez la plupart d’entre nous.

La « mécanique » de l’hypnose

Dans l’état d’hypnose, l’inconscient occuperait l’avant-plan, laissant en veilleuse le conscient habituellement hyperactif. Grâce à l’expertise du thérapeute et aux techniques de l’hypnothérapie, on pourrait rendre accessibles au sujet des ressources peu exploitées de son cerveau, en activant notamment ses pouvoirs d’autoguérison.

La plupart des théories psychologiques considèrent que de nombreux problèmes personnels et relationnels ont leur source dans l’inconscient. C’est là que sont stockées des centaines de milliers de données qui contrôlent une grande partie de nos existences. Des diktats familiaux ou culturels, par exemple, peuvent avoir été tellement assimilés par l’inconscient qu’ils donnent lieu à des « comportements appris » si intégrés qu’ils orientent nos choix de vie pendant des années sans que nous en soyons vraiment « conscients ».

L’hypnothérapeute invite donc l’inconscient du sujet à se défaire de ses idées nuisibles et à les remplacer par des idées plus justes ou qui correspondent mieux à ses valeurs. Entre les séances d’hypnose, le sujet est appelé à mener un certain travail personnel, selon le type de problème en cause, parfois avec un enregistrement audio, parfois en autohypnose. Ce travail de renforcement et les suggestions dont l’inconscient continue d’alimenter le conscient contribueraient à graduellement modifier les comportements problématiques.

De plus, pendant une séance d’hypnose, on pourra créer un « ancrage » qu’il sera possible de réactiver au besoin. Par exemple, une personne qui désire cesser de grignoter entre les repas pourra, pendant l’hypnose, associer le mot stop suivi d’une profonde respiration à un état de satiété et de calme. Plus tard, durant une rage de croustilles, elle pourra s’arrêter, dire stop, et respirer afin que l’appel intérieur soit transformé, passant de « il me faut des croustilles » à « ça va aller ».

L’autohypnose 

Après avoir suivi une formation de base ou simplement en écoutant des enregistrements audio conçus à cet effet, on peut induire soi-même l’état d’hypnose, à partir d’une relaxation très profonde. On se rend alors réceptif aux suggestions, aux déprogrammations ou aux programmations que l’on désire faire siennes. (Voir L’hypnose en pratique.)

On dit que l’hypnothérapie permettrait au sujet de « choisir » ses motivations. D’où une certaine popularité de l’approche en psychothérapie. Mais il n’y a pas de miracles. Le sujet doit être profondément motivé, sinon les suggestions mentales n’auront aucun effet. Le traitement des dépendances, par exemple, est aussi difficile avec l’hypnose qu’avec n’importe quelle autre approche. L’hypnothérapie ne peut malheureusement pas à elle seule induire un dégoût permanent de la cigarette ou du sucre…

L’hypnose est régulièrement utilisée en psychologie et dans le domaine sportif, et se révèle aussi utile dans plusieurs contextes cliniques (voir Applications thérapeutiques de l’hypnose).

Pour que le processus suive son cours, le sujet doit absolument être volontaire et faire confiance à la personne qui l’hypnotise. Toute consigne qui choquerait ses valeurs serait immédiatement refusée et il sortirait de la transe hypnotique. On ne peut donc pas « contrôler » les facultés mentales du sujet. On ne peut que lui « faciliter » l’accès à un état naturel propice à l’accomplissement d’un travail psychologique ou psychophysiologique.

L’esprit, maître du corps?

Comment les suggestions sous hypnose peuvent-elles intervenir dans les processus physiologiques? On sait que l’hypnose active ou désactive, selon le cas, les régions du cerveau concernées par la suggestion. On sait aussi que toute pensée possède son propre contexte biochimique. On sait enfin que des pensées peuvent induire des événements physiologiques (penser à des aliments savoureux amène à saliver et à produire des sucs gastriques). Mais le reste n’est pas encore bien compris. Notre ignorance en neuropsychologie et en psychobiologie est particulièrement vaste.3

L’état d’hypnose est plutôt agréable. Ça ressemble au réveil matinal lorsqu’on se sent dans une bulle, qu’on n’a pas encore envie d’ouvrir les yeux, mais que les perceptions sont déjà claires. Sous hypnose, toutefois, la réalité et les images créées par le cerveau ont tendance à se confondre.

Le mythe du sérum de vérité

Mentionnons finalement que l’hypnothérapie permet effectivement de retourner dans le passé pour retrouver des événements traumatisants qui seraient peut-être responsables de problèmes émotifs ou physiques. Par contre, on sait aujourd’hui – comme l’histoire des faux récits de sévices sexuels au milieu des années 1990 l’a clairement démontré – que ces évocations peuvent n’être que partiellement véridiques. Car lorsque la mémoire rencontre des failles dans la trame des souvenirs – et il y en a toujours, car le cerveau ne peut pas tout enregistrer -, elle fait de la « reconstruction » en pigeant des éléments similaires ailleurs. C’est ce qu’on appelle de la fabulation et ça arrive tout le temps. Même l’hypnose ne peut pas contourner ce problème.


Applications thérapeutiques de l’hypnose

De nombreuses études, dont plusieurs sont récentes, ont évalué les applications de l’hypnose en médecine. Cependant, il est parfois difficile de déterminer dans quelle proportion les bénéfices proviennent de l’effet hypnotique lui-même ou du contexte général des interventions. De plus, le manque de constance dans les termes employés (hypnose, autohypnose, imagerie, hypnothérapie, etc.) augmente la difficulté d’évaluer la littérature scientifique sur l’hypnose.

Efficacité probable Soulager la douleur aiguë et l’anxiété qui y est associée. Le soulagement de la douleur requiert généralement des traitements diversifiés. L’hypnose est une technique de choix en complément aux traitements médicamenteux habituels. Une revue d’essais cliniques aléatoires4 conclut que l’hypnose est supérieure ou égale aux autres traitements complémentaires (thérapie comportementale, relaxation, distraction, soutien émotionnel) pour réduire la douleur dans le cas d’interventions médicales particulièrement pénibles (chirurgie, ponction de moelle, soins aux brûlés5). D’autres études ont confirmé que son utilisation durant des procédures opératoires pouvait avoir une efficacité réelle sur la douleur et l’anxiété6-9.

Voici quelques exemples :

  • L’effet analgésique de l’hypnose a été évalué au cours de procédures d’avortement au premier trimestre de la grossesse10. Les femmes sous hypnose ont demandé moins de sédation que celles qui recevaient les soins usuels. Elles ont aussi rapporté moins d’anxiété au début des procédures chirurgicales. Cependant, aucune différence significative n’a été observée lors de la procédure d’évacuation par aspiration, étape douloureuse de l’intervention.
  • Durant des interventions radiologiques douloureuses, comme les radiologies percutanées rénales et vasculaires, l’utilisation de l’hypnose réduirait l’utilisation des analgésiques ainsi que l’anxiété et la douleur chez le patient, et améliorerait la récupération postopératoire7,11.
  • Dans les chirurgies plastiques8, l’hypnose s’est révélée supérieure à une intervention de gestion du stress pour diminuer la douleur et l’anxiété péri-opératoire. Elle est aussi associée à une réduction de l’utilisation de médicaments.
  • L’hypnose en complément avec une anesthésie locale permettrait d’effectuer de façon sécuritaire des explorations bilatérales du cou dans le bilan initial de l’hyperparathyroïdie82.
  • L’utilisation de l’hypnose s’est révélée utile pour diminuer l’anxiété et la douleur chez les adolescentes devant subir un examen pelvien12-14.
  • Chez des femmes ayant à subir une biopsie d’une tumeur au sein, on a constaté une réduction de la douleur, du besoin d’analgésiques postopératoires et de l’anxiété, ainsi qu’une réduction des nausées consécutives à l’intervention15-17. De plus, les femmes étaient moins bouleversées, présentaient un état dépressif moindre et un niveau de détente plus élevée.
  • Ajoutons que des études en laboratoire corroborent ces observations cliniques. Ainsi, plusieurs régions du cortex cérébral normalement activées pendant l’expérience d’une douleur aiguë sont neutralisées par des suggestions hypnotiques d’analgésie18.

Efficacité probable Traiter le syndrome de l’intestin irritable. L’utilisation de séances d’hypnose pour le traitement du syndrome de l’intestin irritable a largement été étudiée19-27. Ces séances sont généralement réparties sur quelques semaines et complétées par de l’autohypnose à domicile à l’aide d’enregistrements audio. Les auteurs de revues systématiques récentes28-32 suggèrent de recommander l’hypnose à de nombreux patients. En effet, les résultats de la plupart des recherches font état d’améliorations significatives des symptômes comme les douleurs abdominales, les habitudes de défécation, la distension abdominale, l’anxiété et la dépression ainsi que du bien-être en général. De plus, il semble que ces bénéfices persistent à moyen terme (2 ans et plus). À plus long terme (5 ans), la pratique de l’hypnose contribuerait à une amélioration des symptômes et à une diminution de la consommation de médicaments26. Cependant, il est à noter que la plupart des études présentent des limitations méthodologiques, ce qui empêche de conclure que l’efficacité de l’hypnothérapie est démontrée hors de tout doute.

Efficacité possible Soulager les acouphènes. Récemment, 2 essais cliniques utilisant l’hypnothérapie ou l’autohypnose ont donné des résultats encourageants33,34. Les auteurs de ces études ainsi que ceux d’une revue scientifique35 concluent que, même si elle ne guérit pas totalement les personnes souffrant d’acouphènes, l’hypnothérapie améliore grandement leur qualité de vie.

Efficacité possible Soulager la douleur chronique. Peu d’études ont évalué l’efficacité de l’hypnose contre les douleurs chroniques. En 2008, une étude pilote, effectuée auprès de 12 patients souffrant de douleur chronique généralisée, a évalué l’effet d’un traitement hebdomadaire d’hypnose pendant 10 semaines36. Les résultats montrent une diminution significative de l’intensité moyenne des 25 symptômes répertoriés (douleur, fatigue, problèmes de concentration, etc.). De plus, une amélioration de la qualité de vie a été rapportée par les patients. Ces effets ont semblé persister après 1 an.

En 2003, une revue de la littérature scientifique4 a évalué l’efficacité de l’hypnose dans des cas de céphalées chroniques, de douleurs cancéreuses, de fibromyalgie et de douleurs chroniques d’origine mixte. Elle s’est avérée plus efficace que les soins standard, les groupes de soutien ou l’absence de traitement, et aussi efficace que d’autres traitements similaires, comme le training autogène ou le biofeedback.

En cas de fibromyalgie réfractaire, l’hypnose pourrait s’avérer plus efficace qu’une physiothérapie seule pour contrer la fatigue matinale et les douleurs musculaires, et améliorer le sommeil37.

Pour les patientes atteintes de cancer du sein, la pratique de l’autohypnose dans le cadre de groupes de soutien aurait un effet bénéfique38,39.

De plus en plus de recherches font état de l’effet bénéfique de l’hypnose chez les personnes âgées, en particulier pour réduire les problèmes associés à la douleur chronique40.

Enfin, plusieurs études de cas font état de l’utilité de l’hypnose pour contrôler les douleurs chroniques difficiles à traiter, provoquées par des lésions spinales, des amputations, la sclérose en plaques, des maladies neuromusculaires et bien d’autres41.

Efficacité possible Soulager la douleur chez l’enfant. La douleur chez l’enfant doit être considérée de façon particulière42. Selon diverses études, l’hypnose peut être utile pour soulager la douleur et l’anxiété qui accompagnent certains gestes médicaux douloureux, comme la ponction lombaire ou la ponction de moelle osseuse43-46. En 2009, une étude clinique aléatoire a été réalisée après de 45 enfants atteints de cancer devant subir des prélèvements sanguins douloureux47. Les enfants ont été divisés au hasard en 3 groupes : crème anesthésique seule, crème anesthésique et hypnose, ou crème anesthésique et attention. Une diminution significative de la douleur et de l’anxiété a été observée chez les enfants du groupe crème et hypnose comparativement aux 2 autres. En outre, une diminution significative du niveau d’anxiété des parents des enfants de ce groupe a été observée.

Une étude californienne, réalisée auprès de 44 enfants devant subir pour la deuxième fois un douloureux test de fonction urinaire, indique que l’hypnose, sous forme d’imagerie mentale guidée au cours de laquelle l’enfant se concentre sur une image plaisante, peut aider à la relaxation de l’enfant et ainsi diminuer la peur et l’anxiété, et faciliter le test48.

De même, l’hypnose pourrait être bénéfique en prémédication avant une chirurgie49 ou pour diminuer la douleur postopératoire en association avec le traitement usuel50.

Enfin, une revue systématique incluant 5 études cliniques aléatoires a révélé que, chez les enfants atteints de cancer qui sont en traitement de chimiothérapie, l’hypnose diminuerait significativement les niveaux d’anticipation de nausée et de vomissement lors des traitements51.

Efficacité possible Faciliter la grossesse et l’accouchement. Pendant la grossesse, l’hypnose peut contribuer à réduire petit à petit  l’anxiété vis-à-vis de l’accouchement et ainsi créer un climat de confiance pouvant faciliter le travail et l’accouchement52,53. Toutefois, en dépit de certains résultats positifs54-56, les effets de l’hypnose sur la durée du travail, la réduction de la douleur, la satisfaction des femmes et la diminution du besoin d’analgésie pendant le travail sont encore équivoques57-60. En effet, la taille des échantillons et la méthodologie varient substantiellement d’une étude à l’autre61. Il semble que les bénéfices soient supérieurs pendant le travail et même après l’accouchement (diminution de la dépression) lorsque la susceptibilité hypnotique de la patiente est élevée55.

L’hypnose a également été utilisée pour stimuler le retournement des bébés se présentant par le siège62 et pour diminuer les nausées63.

Efficacité possible Combattre le tabagisme. De nombreuses études ayant évalué différentes techniques d’hypnose ont démontré que 6 mois après une séance, le taux d’abandon du tabagisme se situait entre 30 % et 40 %64. Deux synthèses d’études, publiées en 2000, concluent que l’hypnose est une technique « possiblement efficace » pour arrêter de fumer. Cette réserve est motivée par la discordance des études qui pour certaines n’indiquent aucun bénéfice tandis que plusieurs autres affichent un taux de succès au-delà de 50 %65,66.

Une récente étude clinique aléatoire a comparé l’efficacité de l’hypnose et d’une thérapie comportementale, toutes deux en association avec des timbres de nicotine67. Le groupe hypnose a également reçu un enregistrement audio d’autohypnose pour utilisation quotidienne à domicile. À 6 mois, 26% des fumeurs du groupe hypnose et 18% du groupe comportemental avaient cessé de fumer, et à 12 mois, 20% pour le groupe hypnose contre 14% pour le groupe comportemental.

Efficacité incertaine Réduire les symptômes de la ménopause. Un essai clinique préliminaire portant sur 14 femmes68 a permis de constater que l’hypnose pourrait diminuer les bouffées de chaleur en plus d’améliorer le sommeil, la résistance à la fatigue et la qualité de vie en général. Dans une autre étude, effectuée auprès de 60 femmes survivantes du cancer du sein,  paux prises avec des bouffées de chaleur, ces mêmes résultats ont été observés69.

Efficacité incertaine Soigner les maladies de la peau. Une synthèse d’essais cliniques et d’études de cas rend compte de l’utilité de l’hypnose pour diminuer ou même guérir certains désordres cutanés, en particulier le psoriasis et les verrues70. L’hypnose peut aussi contribuer à diminuer la douleur, l’anxiété, l’insomnie et l’inconfort liés au prurit et aux brûlures, et à contrôler certaines habitudes délétères comme le grattage.

Diverses études de cas ont permis de constater une réduction importante de l’eczéma et de ses conséquences (usage de corticostéroïdes, démangeaisons, troubles du sommeil, tensions). Ces résultats ont été constatés tant chez les enfants que chez les adultes, entre autres chez ceux ayant démontré une résistance aux traitements classiques71-73. Les interventions pouvaient inclure de l’autohypnose, de la relaxation des approches de contrôle du stress, des suggestions post-hypnotiques et l’écoute d’enregistrements audio (sous forme d’histoires le soir pour les enfants). Les traitements ont été réalisés sur des périodes de 1 ½ mois à 7 mois, et on a constaté que les effets positifs persistaient après plusieurs mois.

Efficacité incertaine Réduire les symptômes reliés aux maladies respiratoires. Peu d’études de qualité ont été réalisées sur les effets spécifiques de l’hypnose contre l’asthme74. Il semble toutefois que toutes les techniques agissant sur le stress, dont l’hypnose, puissent avoir un effet adjuvant bénéfique75. L’hypnose et l’imagerie guidée seraient particulièrement efficaces chez les sujets présentant une forte susceptibilité hypnotique76. En diminuant l’anxiété, considérée comme un facteur aggravant de l’asthme, l’hypnose et l’autohypnose pourraient réduire les besoins en médicaments chez les patients très anxieux77.

Chez les enfants présentant d’autres troubles parallèlement à leurs difficultés respiratoires (anxiété, toux, douleur thoracique, dyspnée, difficultés inspiratoires), des résultats préliminaires indiquent que l’hypnose, en association avec un traitement spécifique, pourrait favoriser la réduction des symptômes78.

Efficacité incertaine Traiter l’insomnie chronique des militaires souffrant de stress post-traumatique. Dans une petite étude, 40 militaires ont été divisés en 2 groupes : médication ou 4 séances d’hypnose79. Après 2 semaines de traitement, des différences significatives ont été observées favorisant le groupe hypnose : amélioration de la qualité du sommeil et du niveau de concentration, et réduction de la somnolence matinale, des symptômes de stress post-traumatique et de la dépression. Ces effets étaient maintenus 1 mois après la fin des interventions. Par contre, aucune différence n’a été notée pour le temps total de sommeil et le nombre d’éveils au cours de la nuit.

Attention

En raison des caractéristiques inhérentes à l’état hypnotique, l’hypnose est déconseillée aux gens souffrant de maladies psychiatriques, de psychose ou de problèmes antisociaux.

Si l’hypnose est pratiquée par une personne bien formée, les effets secondaires sont très rares80. Toutefois, pendant une séance, il se peut que le sujet batte des paupières et qu’il ressente des fourmillements aux extrémités, une sensation de lourdeur ou au contraire un sentiment de légèreté. Une baisse du rythme cardiaque et de la tension artérielle, un larmoiement ou une augmentation de la déglutition peuvent parfois survenir. Suivant la séance, le sujet peut présenter des maux de tête ou une sensation d’engourdissement qui disparaissent habituellement rapidement.

Hypnothérapie (hypnose) 

Section Applications thérapeutiques
Recherche, rédaction et révision scientifique
: Claudine Blanchet, Ph. D., Drer e Sylvie Dodin, M.D., M. Sc., Chaire en approche intégrée en santé, Université Laval
(octobre 2009) Isabelle Marc, coordonnatrice et D

…/ – Partie 2- L’Hypnose en pratique

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