À propos de la mononucléose… en bref

À propos de la mononucléose

La mononucléose infectieuse est une maladie provoquée par le premier contact avec le virus Epstein-Barr, un virus peu contagieux, mais très présent. En Amérique du Nord, dès l’âge de 5 ans, 50 % de la population est porteuse de ce virus; à 40 ans, le pourcentage est de 90 %. Après la première infection, le virus reste toujours présent dans l’organisme. Chez les personnes en bonne santé, il est simplement contenu par le système immunitaire.

Chez les enfants de moins de 5 ans, les symptômes sont souvent si bénins que l’infection passe inaperçue dans la majorité des cas. Par contre, chez les adolescents et les jeunes adultes l’infection s’accompagne 1 fois sur 2 d’une mononucléose qui entraînera un syndrome de fatigue chronique chez un peu plus de 10 % d’entre eux.

Les symptômes de très grande fatigue et de sensation de faiblesse généralisée disparaissent au bout de 2 à 3 semaines, mais pour certaines personnes, particulièrement les adolescents et les jeunes adultes, l’état de fatigue peut persister durant quelques mois. L’infection cause souvent un gonflement de la rate, ce qui peut entraîner sa rupture. Cette situation est rare, mais possible, et exige des traitements d’urgence.

Le virus Epstein-Barr se transmet par la salive, donc par des baisers, des échanges d’ustensiles, ou de la mère à l’enfant. Une personne infectée est contagieuse quelques jours avant l’apparition de la maladie et jusqu’à 18 mois après celle-ci.

Symptômes

Principaux symptômes

  • Une fatigue qui peut parfois être extrême.
  • Un gonflement et une sensibilité des ganglions du cou et des aisselles.
  • Des accès de fièvre pouvant aller jusqu’à 40,5 °C (105 °F).
  • Des maux de tête.
  • Une perte d’appétit.
  • Un mal de gorge prononcé (pouvant aller, à l’extrême, jusqu’à l’incapacité d’avaler).
Important. En cas de douleur aiguë localisée en haut et à gauche de l’abdomen, consulter un médecin sans tarder. Cela pourrait vouloir dire que la rate est en voie de se rompre.

Ce qui augmente le risque

  • Être âgé de 15 ans à 19 ans augmente le risque d’avoir des symptômes marqués. Après 35 ans, l’infection est rare.

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Prévenir

Il n’existe pas de moyen de prévenir la mononucléose infectieuse. Il n’existe pas, non plus, de vaccin contre le virus Epstein-Barr.

Les personnes dont la santé est très fragile et qui n’ont jamais eu la mononucléose ont intérêt à suivre diverses mesures lorsqu’elles côtoient des personnes atteintes de la mononucléose.

Pour éviter la contagion

  • Éviter les baisers sur la bouche avec la personne atteinte de la mononucléose.
  • Se garder d’échanger les ustensiles de cuisine, les verres et les plats (et bien les nettoyer) avec une personne infectée.
  • Ne pas partager de nourriture.
  • Bien se laver les mains.
  • Se protéger des éternuements.

Traitements

L’objectif du traitement est d’offrir des soins de soutien jusqu’au rétablissement et de prévenir les complications. À moins que certaines complications soient présentes, le médecin ne recommandera pas de médicament pour traiter la mononucléose, parce que la maladie est bénigne et disparaît généralement d’elle-même au bout de 4 à 6 semaines. Les antibiotiques ne sont pas efficaces pour la mononucléose, qui est une maladie virale. Les médicaments antiviraux actuellement offerts sont sans effet sur le virus Epstein-Barr.

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Pour faciliter le rétablissement

  • Observer une bonne période de repos et reprendre progressivement ses activités antérieures. Sinon, la période de rétablissement risque de s’allonger.
  • Boire beaucoup d’eau, de bouillons et de jus afin de prévenir la déshydratation.
  • Pour soulager les maux de gorge, se gargariser avec une solution d’eau salée plusieurs fois par jour. Mettre ½ c. à thé de sel dans un verre d’eau. Boire et manger des aliments froids ou même glacés.
  • Adopter un régime alimentaire équilibré.
  • Renoncer aux sports exigeants, aux sports de contact, et éviter de lever des objets lourds pendant au minimum 2 mois pour éviter une rupture de la rate. La rate est fragile même si elle n’est pas gonflée.

Traitements médicaux

Attention. L’aspirine est déconseillée aux enfants de moins de 16 ans dans les cas d’infections virales.

Les antibiotiques dérivés de la pénicilline (ex. : ampicilline, amoxicilline) provoquent des éruptions de la peau importantes chez 90 % des individus ayant la mononucléose.

  • Analgésiques : acétaminophène (Tylenol®) ou ibuprofène (Advil®, Motrin®), pour la fièvre, les maux de tête, les douleurs à la gorge et les courbatures.
  • Corticostéroïdes : uniquement pour traiter les complications, comme une augmentation anormale de la taille des amygdales, ou pour prévenir une rupture de la rate.
  • Antibiotiques : pour traiter une infection bactérienne de la gorge, des sinus ou des amygdales qui accompagne parfois la mononucléose. Éviter l’ampicilline et l’amoxicilline, qui peuvent provoquer des réactions cutanées.

Produits de santé naturels et traitements complémentaires

D’après nos recherches, il n’existe pas d’études sur le traitement de la mononucléose par les approches complémentaires. Cependant, des traitements qui permettent de stimuler de façon générale le système immunitaire (phytothérapie, acupuncture, techniques de gestion du stress) sont utilisés.

L’opinion du médecin Dr André Plante, M.D

Vous pensez avoir une mononucléose? Tout le monde vous dit : « Ça doit être une mononucléose »? Vous reconnaissez vos symptômes en voyant ceux décrits dans cette fiche?Je vous conseille d’aller voir un médecin afin qu’il fasse les tests requis pour le diagnostic. Les symptômes pourraient être causés par un autre problème de santé.

En effet, d’autres maladies peuvent « mimer » une mononucléose et certaines d’entre elles sont particulièrement inquiétantes ou nécessitent un traitement plus spécifique. Il peut s’agir d’une réaction médicamenteuse, de la première manifestation d’une infection au VIH ou d’une toxoplasmose qui, dans le contexte d’une grossesse, peut être très risquée.

Je ne veux pas être alarmiste. Simplement vous rappeler l’importance de recevoir un diagnostic précis, car rester dans l’ignorance pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour votre santé.

Dr André Plante, M.D.

Révision médicale (avril 2009) : Dr André Plante, M.D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l’enseignement d’une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke
Révision médicale (novembre 2003) :
Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

Approches complémentaires

Le repos est le principal traitement. Aucune approche complémentaire spécifique n’a été étudiée. Pour connaître les éléments de base qui favorisent une bonne santé du système immunitaire (sommeil, activité physique, contrôle du stress, etc.).

Remarque : Les massages musculaires sont contre-indiqués en cas de fièvre1. Il est préférable d’attendre que les signes d’infection (ganglions enflés, fièvre, malaise) disparaissent avant d’en recevoir un. En cas de doute, s’informer auprès d’un massothérapeute dûment formé.

Médicaments, dans le détail :

Donc, on le répète de nouveau, au besoin, des médicaments peuvent aider à soulager les symptômes, s’ils sont importants, ou à traiter les complications.

Analgésiques. Pour soulager la fièvre, les maux de tête, les douleurs de la gorge et les courbatures, le médecin pourra conseiller de prendre des comprimés d’acétaminophène (Tylenol®) ou d’anti-inflammatoires qui ont aussi un effet analgésique, comme l’ibuprofène (Advil®, Motrin®).
Mise en garde :
l’aspirine est déconseillée dans les cas d’infections virales pour les enfants de moins de 16 ans, car elle peut provoquer le syndrome de Reye , une affection rare, mais souvent mortelle.

Antibiotiques. Environ 20 % des personnes touchées par la mononucléose développent simultanément une infection bactérienne de la gorge, des sinus ou des amygdales. Certains types d’antibiotiques, comme l’ampicilline et l’amoxicilline, doivent être évités, car ils peuvent causer une réaction cutanée sur tout le corps chez les personnes qui ont la mononucléose. Une réaction cutanée à un antibiotique qui survient durant une mononucléose ne signifie pas nécessairement que la personne est allergique à ce médicament.

Corticostéroïdes. Les corticostéroïdes sont recommandés uniquement pour traiter une augmentation anormale de la taille des amygdales, pour traiter les complications graves ou pour prévenir une rupture de la rate.

Recherche et rédaction : Marie-Michèle Mantha, M.Sc. et Valérie Manceau, Ph.D.

Sites d’intérêt

Guide Santé du gouvernement du Québec
Pour en savoir plus sur les médicaments : comment les prendre, quelles sont les contre-indications et les interactions possibles, etc.
www.guidesante.gouv.qc.ca