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Spondylarthrite ankylosante : les symptomes et son traitement

 - Spondylarthrite ankylosante : symptomes d'une spondylarthrite,  traitement d'une spondylarthrite

Interview de Lionel, 32 ans, qui souffre de spondylarthrite depuis l’adolescence.

Quels ont été les premiers symptômes de la maladie ?
En fait, ça a commencé très tôt, vers 11-12 ans. Mes premières douleurs se sont traduites par des cauchemars récurrents où je rêvais que des serpents me mordaient dans le dos ou que des citernes explosaient. Je pratiquais beaucoup de ski à l’époque. Et mes parents m’ont emmené voir un rhumatologue.

A-t-il pu établir le diagnostic ?
Non. Au début, on a dit : « c’est la croissance, c’est normal qu’il ait mal dans le dos ». Ensuite, on a dit que c’était dans ma tête. Et ça, c’est terrible. Pendant des années ma souffrance était complètement niée. Et puis, ensuite, on a pensé à une sciatique. Et à l’arrivée, j’ai été moi-même l’acteur du mauvais diagnostic. C’est-à-dire que j’arrivais chez le médecin en disant « j’ai une sciatique ». Il n’allait pas chercher plus loin. Je ne pensais même pas à lui dire que j’avais mal ailleurs.

Alors, quand avez-vous su de quoi vous souffriez ?
Vers 24 ans. Ma mère a suivi un colloque de rhumatologie. C’est comme ça qu’on y a pensé. J’ai fait un bilan sanguin puis une IRM. Mais j’étais dans le déni de la maladie et je n’ai pas voulu me soigner. Là, j’ai eu des crises de plus en plus fréquentes. Dont une qui a duré huit mois. J’ai commencé à me traiter, d’abord avec des anti-inflammatoires, puis je me suis retrouvé sous morphine. Je ne pouvais plus marcher. J’avais le cou déformé, la colonne déplacée, les hanches bloquées, le plexus rigide. En 15 jours d’un traitement (biothérapie) bien adapté à mon cas, je me suis remis à bouger et même à reprendre le sport. Le problème est que j’étais devenu dépendant à la morphine.

Aujourd’hui, comment allez-vous ?
J’ai repris mon travail, j’ai repris le sport. Je milite au sein de la Fondation contre la spondylarthrite ankylosante pour faire passer l’information. Il faut dire aux gens qui souffrent de cette maladie, que l’on peut en sortir. Qu’il faut bouger. Il faut marcher. Il faut résister. Ce n’est pas parce que l’on est malade qu’il faut tout arrêter. Il faut se battre.

La spondylarthrite est un rhumatisme inflammatoire douloureux qui se localise, la plupart du temps, sur la colonne vertébrale et les articulations sacro-iliaques du bassin (régions fessières).
Si on l’appelle « ankylosante », c’est parce que son évolution peut conduire à l’enraidissement, l’ankylose progressive des articulations.

Cette maladie atteint 0,2 à 0,5 % de la population. Elle touche un peu plus souvent les hommes que les femmes, et débute plutôt chez des sujets de moins de 30 ans.

Les articulations touchées
La spondylarthrite se manifeste par une inflammation d’une partie anatomique bien particulière : l’enthèse. Il s’agit de cette petite zone où les tendons, les ligaments et les capsules, s’insèrent sur l’os. Et c’est cette inflammation de l’enthèse qui fait souffrir dès le début de la maladie.

Des douleurs peuvent apparaître au niveau de la colonne vertébrale, ou encore sur les articulations du bassin, les articulations sacro-iliaques, ou parfois au niveau du talon, à l’insertion du tendon d’Achille.
D’autres articulations peuvent également être touchées, comme l’épaule, le genou, la cheville ou le poignet.

Si on ignore toujours les causes précises de cette maladie, certaines pistes sont déjà étudiées :

> Il existe un dysfonctionnement du système immunitaire aboutissant à une réaction inflammatoire anormale ou inadaptée. Il pourrait s’agir d’une maladie auto-immune : le système immunitaire reconnaîtrait, à tort, une partie de notre organisme, comme un corps étranger et l’attaquerait alors comme tel.
C’est le cas dans certaines pathologies, comme la maladie de Crohn, une maladie auto-immune du tube digestif, où les anticorps sensés protéger des microbes, reconnaissent les bactéries normales de la flore intestinale, comme des agents agressifs.

> On sait également que le gène HLA-B27, de son petit nom le Human Leukocyte Antigen (un gène qui joue un rôle-clé dans les mécanismes de reconnaissance du système immunitaire), se retrouve chez la plupart (90%) des personnes atteintes de spondylarthrite.
Cela ne signifie pas que tous les porteurs du gène B27, développent ou développeront une spondylarthrite, bien au contraire puisque la grande majorité des patients ayant le B27 n’ont pas la maladie. Ainsi, la présence seule de ce gène B27 ne suffit pas à déclencher la maladie. D’autres gènes sont probablement en cause, que l’on ignore encore. 

> Ensuite, sur ce terrain génétique prédisposant, il faut que survienne un élément déclencheur de la réaction immunitaire anormale ; la nature de cet élément n’est pas connue, il peut néanmoins s’agir dans certains cas d’une infection bactérienne.

> Enfin, il semble, d’après de récentes études, qu’une sécrétion de TNF-alpha, une cytokine (une substance naturellement sécrétée lors d’une inflammation) se produirait dans les articulations atteintes. C’est d’ailleurs pour cette raison que les médicaments anti-TNF alpha (qui bloquent la sécrétion de TNF alpha) seraient tellement efficaces dans le traitement de la maladie.

On estime qu’il faut en moyenne sept ans pour établir le diagnostic d’une spondylarthrite. Pourquoi aussi longtemps ? Tout simplement parce que les premiers symptômes de la maladie sont souvent confondus avec d’autres.

 

 

Attention de ne pas banaliser. Il existe certaines particularités à bien connaître pour ne pas confondre un simple tour de rein… avec une spondylarthrite.

> Faire attention aux horaires de survenue des douleurs :
Lors d’une spondylarthrite, les douleurs surviennent plutôt la nuit et elles ne sont pas calmées par le repos. On a également mal le matin et, une fois mis en route, on souffre moins. Au réveil, on ressent une raideur.
Les douleurs fessières peuvent se faire sentir sur l’un des côtés ou tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Ces douleurs peuvent se localiser au niveau du dos, ou au niveau des articulations sacro-iliaques, ou encore au niveau du talon.
Mais, dans tous les cas, quelle que soit la localisation, les horaires des douleurs sont un indicateur précieux pour le diagnostic.

> Attention si ces douleurs persistent :
Lorsque les douleurs persistent trop longtemps, ou récidivent, il est important d’en parler avec le médecin.

> Une douleur persistante au niveau du talon peut également être un indice. Particularité de cette douleur : contrairement à celle d’un jogger, elle a tendance à s’améliorer lors de la marche et d’être souvent bilatérale.

> Surveiller ses orteils :
Il arrive assez fréquemment qu’un doigt ou un orteil soit enflé, sans cause traumatique.

Attention : même si ce sont souvent d’abord la colonne vertébrale et les articulations du bassin sacro-iliaques (fesses) qui sont touchées, toutes les articulations peuvent l’être, au niveau du thorax, des membres supérieurs et inférieurs, des doigts et des orteils.

La spondylarthrite ne touche pas que les articulations. D’autres localisations peuvent être concernées par la maladie :

> La peau : de nombreuses personnes atteintes de spondylarthrite, souffrent également d’un psoriasis.
Le psoriasis précède souvent les premières douleurs articulaires, de dix ans en moyenne. Le psoriasis est une maladie de la peau qui provoque des plaques de desquamation, notamment au niveau du cuir chevelu, des coudes ou des genoux.

> Les yeux :
les atteintes oculaires se manifestent le plus souvent par une uvéite. Il s’agit d’une inflammation de l’œil. On a l’œil rouge et douloureux et l’on voit flou.
Il est important d’en parler au médecin, car ces uvéites récidivantes, peuvent provoquer des sortes de cicatrices pouvant altérer définitivement la vision.

> Les atteintes intestinales : elles sont fréquentes et sont le résultat de l’inflammation des muqueuses. Elles peuvent se traduire par des douleurs abdominales, des troubles du transit, des diarrhées, des vomissements.

Autre liens :

  • Enguerir, blog d’information et santé sur la spondylarthrite ankylosante, les problèmes de dos, la sciatique et la dépression.
  • La Spondylarthrite Ankylosante (SA) ou pelvispondylite rhumatismale est le deuxième rhumatisme inflammatoire chronique après la polyarthrite rhumatoïde…